Le cri du lièvre de Marie-Christine Horn

85.. A l’instant où je tape ces mots sur mon clavier, 85 femmes sont mortes sous les coups de leur compagnons ou ex-compagnon depuis le début de l’année en France.
La 85ème victime de féminiside s’appelait Chloé et était enceinte de cinq mois, elle avait 29 ans. Son ancien compagnon ne supportait pas qu’elle ait refait sa vie.

C’est à la lecture de cette nouvelle que j’ai pris le courage de vous parler du livre de Marie-Christine Horn « Le cri du lièvre » paru aux éditions BSN. Jusqu’à aujourd’hui, je n’y arrivais pas, tant ce livre m’a bouleversée. J’avais beau le lire, le relire et le relire encore, à chaque fois je finissais en larmes, et j’avais peur de ne pas écrire une chronique à la hauteur de ce roman. C’est du Marie-Christine Horn tout crachée, elle sait prendre son lecteur par les tripes, on ne sort jamais indemne de ses livres. Si vous comptiez prendre ce livre avec vous dans votre valise afin de le lire tout en vous prélassant au bord de la piscine, suivez mon conseil, reposez-le et choisissez un autre pour faire cela.

« Le cri du lièvre », est l’histoire de trois femmes qui apparemment n’étaient pas prédestinées à se rencontrer et dont le seul point commun probablement et d’être confronter aux violences conjugales.
Manu : l’héroïne principale qui lasse des violences quotidiennes de son mari se réfugie un temps dans la forêt, le seul endroit où elle se sent sereine.
Nour : l’infirmière Libanaise, battue également par son mari.
Pascale la gendarme qui ne supporte plus les interventions pour violences conjugales pendant son travail.
Trois femmes totalement différentes de caractère mais bien déterminées à faire justice elles-mêmes pour les violences subies dans ce livre.

Marie-Christine Horn – Le cri du lièvre – BSNpress

Safari de Laurence Boissier

Quel réel plaisir de retrouver la plume de Laurence Boissier !

Safari est un ouvrage composé de différents textes écrits pour être lus sur scène et sont proposés avec une traduction en Berndeutsch, qui rend la lecture de ce safari un brin exotique pour nous, lecteurs francophones !

Dans ce livre, Laurence Boissier nous parle de nous, homo sapiens, dans le safari de nos existences. De nos rêves d’enfance, nos complexes d’adolescentes, le mariage, les enfants qui grandissent et s’en vont de la maison, notre rapport à la féminité, et d’un tas d’autres petits tracas de l’existence qui sont passés sous la plume pleine de sensibilité et avec sa pointe d’humour So British qui lui est propre. Elle a su faire de ce recueil, une vraie gourmandise pour notre esprit.

Laurence Boissier – Safari – Editions Art&Fiction

La Pythie de Mélanie Chappuis

Toute la question de ce livre est comment réussir à se construire quand on a grandi dans le secret de ses véritables origines ? Quand on a une mère surprotectrice qui décide de nous cacher qui nous sommes réellement parce qu’elle a peur et veut peut-être de façon égoïste nous protéger.

Petite, Adèle était très proche de sa grand-mère, son “abuela“comme elle la surnommait affectueusement. Elle vient du Chili et lui parle de la sagesse des femmes de son pays. Adèle boit le maté en l’écoutant et décide que plus tard, elle sera comme elle et non comme sa mère.  Malheureusement, abuela quitte le monde avant d’avoir le temps de la préparer à affronter ce qu’elle est réellement et le pouvoir qui dort encore au fond elle.Adèle a maintenant vingt-deux ans et décide de devenir psychologue, sans doute pour obtenir des réponses aux questions qu’elle se pose sur elle-même inconsciemment. Elle est amoureuse et découvre les plaisirs charnels dans les bras de Jérôme. Au moment de l’extase, Adèle a une vision de la mort de son amant. Jérôme se fera renverser par une voiture et mourra dans l’ambulance sur le trajet de l’hôpital. Trois jours après, Jérôme sorti acheter des croissants ne rentrera pas à la maison.

Adèle est ce que l’on appelle une machi, une chaman, elle a le don de clairvoyance et cela se certifiera plusieurs fois dans sa vie. Ce que sa mère a craint toute son enfance sans jamais ne lui en toucher un mot est entrain de se confirmer. Après un long moment de questionnement, elle décide de partir à la recherche de ses racines profondes au Chili.  Trouvera-t-elle là-bas ce qu’elle cherche désespérément au fond elle, la sérénité ?

Quel réel plaisir de retrouver l’écriture si délicate de Mélanie Chappuis!
Toute famille a ses secrets, se taire, en parler à ses enfants? Veiller à ce qu’ils grandissent , se construisent et deviennent des adultes épanouis , le rôle de parents n’est pas toujours facile.  Aurais-je agi différemment que la mère d’Adèle si j’avais été à sa place?  Je me suis  longtemps posée la question après avoir fini ce livre.

Mélanie Chappuis – La Pythie – Editions Slatkine

Horrora borealis de Nicolas Feuz

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Alors que sa femme se bat contre une maladie dans un lit d’hôpital, Marc Boileau, négociateur pour la police, reçoit un appel d’urgence. Une fusillade a éclaté durant un concert du Festi’Neuch, le festival de musique de Neuchâtel.  Sur un coup de folie, un homme nommé Walker aurait abattu plusieurs personnes et aurait pris un homme en otage. Le forcené ne veut parler qu’avec lui. Pour quelle raison, il ne le sait pas.

Arrivé sur place, un inspecteur de la police Finlandaise lui apprend que l’otage, qui est recherché dans son pays, et le preneur d’otage se connaissent. Car Walker durant son enfance est allé en vacances en Laponie avec sa famille.
Durant les négociations, une seule question aura son importance : Qu’est-ce qui s’est passé en Laponie ? … La réponse risque bien de vous surprendre.

Nicolas Feuz nous offre un polar dans toute sa splendeur avec une intrigue à vous couper le souffle!

Nicolas Feuz –  Horrora Borealis – the Bookedition.com

(réédité aux éditions  le livre de poche)

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Morceaux de Sacha Després

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Dans un futur apocalyptique et très hiérarchisé où il est interdit de rêver, les gens en bas de l’échelle sociale se nomment « les morceaux » et sont élevés afin d’être consommés par le haut de la pyramide, les « gras ». Mais quelques femelles chanceuses auront une autre destinée : elles seront soit reproductrices, soit femelles de compagnies des gras les plus aisés.

Idé Fauve et son frère Lucius sont des morceaux de choix destinés à être vendus au « Directeur Du Sent », le gras le pire de son espèce. Pendant que sa sœur devient l’esclave sexuelle préférée de son propriétaire, Lucius est assigné en cuisine. Il dépèce, ébouillante, découpe le corps de ses congénères qui serviront de pitance à son maître, il est «mactador».

Dans cette vision de l’enfer que nous livre Sacha Després, il y a une once d’espoir caché profondément dans l’un des personnages et qui ne demande qu’à jaillir pour que tout redevienne comme avant.
Mais qu’y avait-il avant l’apocalypse ? Rien de plus que ce que nous vivons maintenant : surconsommation, violence, barbarie, inégalités, famine, etc…
Après la lecture de ce livre, vous regarderez le contenu de votre assiette différemment !

Je ne suis ni végane ni végétarienne mais ce que l’on appelle une omnivore raisonnable.Je respecte, et j’admire le véganisme qui respecte encore plus l’environnement et la vie animale.  Ma consommation de viande est modérée et limitée. Pour moi, la consommation de viande doit se faire dans le respect de l’environnement et des animaux (éviter les souffrances inutiles et les animaux qui n’ont jamais vu un brin d’herbe de leur courte existence). Je ne mange pas de la viande tous les jours, je privilégie la qualité à la quantité.

Sacha Després – Morceaux – Editions l’Âge d’Homme

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Jardin d’été d’Abigail Seran

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C’est l’histoire d’une famille qui ressemble à tant d’autres.
Avec des parents, Elé et Charles, qui arrivés à l’âge de la retraite ont décidé de quitter la ville et de s’installer à la campagne en Bourgogne, en achetant une maison assez grande afin d’accueillir leurs deux enfants et leur famille respective.

Leur fille ainée, Agathe, a toujours été fragile et très sensible ! Enfant, il fallait constamment faire attention à elle, la rassurer. D’ailleurs, elle n’est vraiment pas tranquille à la pensée de devoir laisser sa fille Iris pendant un mois chez ses parents aux principes qu’elle juge un brin laxiste. Heureusement son mari Florent est là pour calmer ses angoisses !
Tout le contraire de son frère, Julien, qui est plutôt bonne pâte et s’accommode de tout. Il a épousé Judy une anglaise un brin aristocrate avec qui a eu les jumeaux June et John.

Les vacances passent au rythme des chaudes journées d’été : piscine, balade, brocante, etc. Pour occuper les enfants pendant les journées de pluies, les grands-parents mettent à leur disposition un carton remplis de vieilles fringues, souvenirs de leur jeunesse passée. Les enfants sont ravis et décident de monter une vraie pièce de théâtre qui clôturera leur séjour. Pendant que certains s’affairent sur la création des décors et l’écriture du scenario, June décide de s’occupe de la création des costumes en transformant les vieux vêtements. En glissant sa main dans la poche d’une robe ayant appartenu à sa grand-mère, elle tombe sur une alliance et la photographie d’un homme. C’est alors, qu’un vieux secret de famille ressurgit.

Ce roman aurait pu être un énième livre « feel-good », mais c’est sans compter sur la plume d’Abigail Seran qui a su donner du relief à son histoire en ne mettant aucun personnage plus en avant qu’un autre et en faisant un vrai travail sur leur personnalité aux couleurs aussi différentes qu’un bouquet de fleurs des champs ! « Jardin d’été » n’est pas plus l’histoire d’Elé que celle de Charles, c’est l’histoire d’un clan avec ses joies et ses peines.

Abigail Seran – Jardin d’été – Editions Luce Wilquin

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Nora de Louise Anne Bouchard

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Le héros Jackson Clark, la quarantaine, est un ancien flic de la brigade des stups démis de ses fonctions à la suite de l’overdose de sa femme. Il marche d’un pas alerte le long de la Reuss à Lucerne, car il va être en retard à son rendez-vous avec un ami Paul Mutter. Tout en marchant il songe à quitter cette ville et  s’envoler vers son pays d’origine, les USA, afin de refaire sa vie.

Mais Paul, qui a l’art de se fourrer dans de sales draps, a  un rendez-vous le soir-même sur les hauteurs du Rigi , une affaire sans danger et qui va lui rapporter beaucoup d’argent.  Jackson décide de l’accompagner. Une fois arrivé sur place, rien ne se passe comme prévu, des coups de feu sont tirés, Paul se fait tuer et Jackson blessé s’évanouit.

A son réveil, il se retrouve dans l’appartement d’Helen Weber, jeune journaliste stagiaire à la recherche du dernier scoop et qui maîtrise l’art du déguisement à la perfection. Ensemble, ils décident d’enquêter sur la mort de Paul et de trouver le coupable.

L’enquête mettra sur leur chemin des personnes plus bigarrées les unes que les autres. Parmi eux, le couple fortuné Sarah et Max von Pfyffer. Contrainte par sa famille dans sa jeunesse d’épouser Max afin de sauver la fortune de leur famille respective, Sarah doit atteindre vingt ans de mariage avant de pouvoir divorcer et toucher une  importante somme d’argent en guise de compensation de ses belles années perdues. Et s’il n’y a pas de descendance, c’est le pactole.

On apprendra au fil de la lecture que Max von Pfyffer a eu une fille Nora qui fut le fruit d’une liaison avant son mariage, qu’il l’a faite adoptée et qu’elle est morte avec son père adoptif dans un accident de voiture à l’âge de dix ans… Mais en est-on vraiment certain ?

Dans les années nonante, (après la fermeture du Platzspitz park et du Letten à Zurich) Lucerne ne ressemblait pas à la ville que nous connaissons actuellement, les bords de la Reuss accueillaient les dealers et leurs clients issues de toutes les couches sociales. C’est cette ambiance glauque qu’a choisi Louise Anne Bouchard comme trame de fond pour son roman noir “Nora“. Photographe de formation, elle maîtrise l’art du portrait et cela se ressent dans sa description des personnages. Un roman noir à lire en apnée tant le suspense est prenant.

Louise Anne Bouchard – Nora – Éditions Slatkine

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Le beau monde de Laure Mi Hyun Croset

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Cela fait des mois que Louise Jeanneret prépare son mariage avec Charles-Constant de Cotton de Puy-Montbrun. Le choix du traiteur, de la salle, le plan de table, de la musique, et de la robe, il faut absolument que tout soit parfait car le moindre détail a son importance ! Mais finalement, munie de sa petite valise à roulettes, elle décide de prendre la poudre d’escampette et de laisser en plan son fiancé devant l’autel.

Était-ce la tension des préparatifs qui était trop lourde à supporter pour elle ? A-t-elle simplement eu peur de perdre sa liberté ? Peut-être simplement que c’est dû à ses origines modestes ? Elle, l’enfant trouvée qui épouse un homme de la haute-bourgeoisie française a-t-elle craint de ne pas être à la hauteur de ses noces ?

Pour ne pas perdre la face, devant les 500 convives et aussi pour ne pas gaspiller l’argent de l’organisation de cette somptueuse noce, les parents du marié décident de maintenir l’apéritif et même le repas. Quitte à prendre le risque que les gens plus modestes se mélangent avec les nantis !

Et aux grès des conversations les langues se délient, et une question demeure dans les esprits des convives : Au fond, qui est Louise ?
Une fille d’origine populaire qui a fait toute seule son éducation ou une monstrueuse arriviste ?
Une femme passionnée ou une femme complètement cinglée ?
Une amie fidèle ou une manipulatrice ?
Une amoureuse sincère ou une vulgaire opportuniste ?

Laure Mi Hyun Croset, nous offre un magistral roman ! Plus qu’un roman, c’est presque une étude sociologique du comportement des différentes couches sociales en société qu’elle retranscrit avec son écriture si délicate et fine.  Un pur délice.

Laure Mi Hyun Croset – Le beau monde – Éditions Albin Michel

 

Le nombre de fois où je suis morte de Marie-Christine (Buffat) Horn

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Morte de L’enfant

Morte de faim
Morte de honte
Morte d’ennui
Morte d’impatience
Morte de jalousie
Morte de culpabilité
Morte de chaud
Morte d’angoisse
Morte de chagrin
Morte de froid
Morte de peur
Morte de rire

 

Et si, pour une fois, l’on prenait les expressions toutes faites au pied de la lettre? Si les émotions trop vives nous faisaient réellement mourir?

De la mort de l’enfant (la défloraison vécue dans la douleur) au seuil du trépas final, Marie-Christine Buffat (dorénavant Horn) nous emmène dans les méandres de la pensée féminine. Elle nous fait voyager à travers ces nouvelles sur une gamme d’émotions qui va du rire aux larmes aux yeux, en nous décrivant toutes ces petites morts du quotidien qui sont autant de petites défaites, de petites victoires, dans la vie d’une femme.

Dans « morte d’impatience », il est question de moment de séduction entre un homme et femme. Cet instant fragile d’une rencontre où on aimerait lui faire comprendre que l’on ressent une véritable attirance (sexuelle ou non) et que l’on craint de faire le premier pas. Pour la raison stupide que l’on est freinée par notre éducation qui dicte que les femmes qui font cela sont des ….filles faciles ! Et si  nous les femmes avions le courage de briser les codes? Les choses ne seraient-elles pas plus simples et plus claires entre les deux sexes ?

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Ce n’est pas une nouveauté littéraire car il date de 2012, c’est simplement un livre dont le sujet me touche beaucoup et qui est  terriblement d’actualité.  J’avais  une folle envie de partager cette découverte littéraire avec vous.

Marie-Christine Buffat – Le nombre de fois où je suis morte – Editions Xénia

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Le cri du Diable de Damien Murith

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Le prix des lecteurs de la ville de Lausanne étant derrière nous. Je peux enfin partager avec vous mes ressentis de ces six livres si différents les uns des autres!

Je commence par celui que j’ai eu l’honneur de représenter devant le  public le livre de Damien Murith, et pour tous ceux qui n’était pas à la cérémonie, voici mon discours de présentation:

Il y a des livres que l’on lit avec le cœur, d’autres de façon plus cérébrale et il y a ceux que l’on lit de manière plus viscérale, tant la puissance des mots couchés sur le papier pénètre au plus profond de notre chair.   De façon presque Schizophrénique, je suis devenue Camille…
Lorsque dieu a rappelé à lui mon tendre amour après une longue et douloureuse agonie, j’ai poussé mon cri du Diable et je l’ai maudit en le traitant de Sale Dieu.

J’ai couru à en perdre haleine quand deux hommes m’ont poursuivi parce que dans un geste de légitime défense, j’ai tué à coup de fourche leur frère qui avait abusé de moi !

Alors, moi Camille fille de la campagne, je me suis cachée dans cette ville monstre, gueule hurlante, ville vampire qui saigne et suce …je me suis fondue dans la masse, afin de rester en vie.

J’ai serré des dents pour supporter les hommes sales, avinés se comportant comme des porcs à qui je sers des verres à la tombée de la nuit, dans ce troquet malfamé ! Et puis Jonas a passé la porte de ce sordide endroit et mon sombre quotidien s’est illuminé !

Ma peau, mes seins, ma chevelure s’étalent sur ses toiles dans son atelier. Je suis  sa muse. Emportée dans ma vie de Bohème, j’en ai oublié le reste…Je suis amoureuse.

Dans l’atelier soudain, un portrait de femme au regard de panthère, la bouche fermée aux lèvres gorgées de pulpe fraîche, la peau brune comme la terre quand juillet la mouille. Jonas en peint une autre que moi !

Ma jalousie dévastatrice me rend folle, j’hurle, j’exige des explications, je poignarde le tableau de cette catin qui me vole mon amour.

Et un matin, lorsque Jonas me prie de partir, dans un excès de folie, de rage et de désespoir… comme possédée, je lui ôte la vie. Si cet homme n’est plus à moi, il ne sera à personne.

Quand j’ai refermé ce livre, je me suis retrouvée moi Esther, complètement abasourdit par cet ouvrage de 119 pages seulement dont certaines sont à peines noircies par l’encre. Ce si petit roman dont l’écriture sombre si poétique et musicale est d’une telle puissance !

Je n’ai qu’une chose à vous dire monsieur Damien Murith…..J’en veux encore !!!

Damien Murith – Le cri du diable – Editions de l’Âge d’homme

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