Le nombre de fois où je suis morte de Marie-Christine (Buffat) Horn

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Morte de L’enfant

Morte de faim
Morte de honte
Morte d’ennui
Morte d’impatience
Morte de jalousie
Morte de culpabilité
Morte de chaud
Morte d’angoisse
Morte de chagrin
Morte de froid
Morte de peur
Morte de rire

 

Et si, pour une fois, l’on prenait les expressions toutes faites au pied de la lettre? Si les émotions trop vives nous faisaient réellement mourir?

De la mort de l’enfant (la défloraison vécue dans la douleur) au seuil du trépas final, Marie-Christine Buffat (dorénavant Horn) nous emmène dans les méandres de la pensée féminine. Elle nous fait voyager à travers ces nouvelles sur une gamme d’émotions qui va du rire aux larmes aux yeux, en nous décrivant toutes ces petites morts du quotidien qui sont autant de petites défaites, de petites victoires, dans la vie d’une femme.

Dans « morte d’impatience », il est question de moment de séduction entre un homme et femme. Cet instant fragile d’une rencontre où on aimerait lui faire comprendre que l’on ressent une véritable attirance (sexuelle ou non) et que l’on craint de faire le premier pas. Pour la raison stupide que l’on est freinée par notre éducation qui dicte que les femmes qui font cela sont des ….filles faciles ! Et si  nous les femmes avions le courage de briser les codes? Les choses ne seraient-elles pas plus simples et plus claires entre les deux sexes ?

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Ce n’est pas une nouveauté littéraire car il date de 2012, c’est simplement un livre dont le sujet me touche beaucoup et qui est  terriblement d’actualité.  J’avais  une folle envie de partager cette découverte littéraire avec vous.

Marie-Christine Buffat – Le nombre de fois où je suis morte – Editions Xénia

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Le cri du Diable de Damien Murith

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Le prix des lecteurs de la ville de Lausanne étant derrière nous. Je peux enfin partager avec vous mes ressentis de ces six livres si différents les uns des autres!

Je commence par celui que j’ai eu l’honneur de représenter devant le  public le livre de Damien Murith, et pour tous ceux qui n’était pas à la cérémonie, voici mon discours de présentation:

Il y a des livres que l’on lit avec le cœur, d’autres de façon plus cérébrale et il y a ceux que l’on lit de manière plus viscérale, tant la puissance des mots couchés sur le papier pénètre au plus profond de notre chair.   De façon presque Schizophrénique, je suis devenue Camille…
Lorsque dieu a rappelé à lui mon tendre amour après une longue et douloureuse agonie, j’ai poussé mon cri du Diable et je l’ai maudit en le traitant de Sale Dieu.

J’ai couru à en perdre haleine quand deux hommes m’ont poursuivi parce que dans un geste de légitime défense, j’ai tué à coup de fourche leur frère qui avait abusé de moi !

Alors, moi Camille fille de la campagne, je me suis cachée dans cette ville monstre, gueule hurlante, ville vampire qui saigne et suce …je me suis fondue dans la masse, afin de rester en vie.

J’ai serré des dents pour supporter les hommes sales, avinés se comportant comme des porcs à qui je sers des verres à la tombée de la nuit, dans ce troquet malfamé ! Et puis Jonas a passé la porte de ce sordide endroit et mon sombre quotidien s’est illuminé !

Ma peau, mes seins, ma chevelure s’étalent sur ses toiles dans son atelier. Je suis  sa muse. Emportée dans ma vie de Bohème, j’en ai oublié le reste…Je suis amoureuse.

Dans l’atelier soudain, un portrait de femme au regard de panthère, la bouche fermée aux lèvres gorgées de pulpe fraîche, la peau brune comme la terre quand juillet la mouille. Jonas en peint une autre que moi !

Ma jalousie dévastatrice me rend folle, j’hurle, j’exige des explications, je poignarde le tableau de cette catin qui me vole mon amour.

Et un matin, lorsque Jonas me prie de partir, dans un excès de folie, de rage et de désespoir… comme possédée, je lui ôte la vie. Si cet homme n’est plus à moi, il ne sera à personne.

Quand j’ai refermé ce livre, je me suis retrouvée moi Esther, complètement abasourdit par cet ouvrage de 119 pages seulement dont certaines sont à peines noircies par l’encre. Ce si petit roman dont l’écriture sombre si poétique et musicale est d’une telle puissance !

Je n’ai qu’une chose à vous dire monsieur Damien Murith…..J’en veux encore !!!

Damien Murith – Le cri du diable – Editions de l’Âge d’homme

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Aux noces de nos petites vertus de Adrien Gygax

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Je ne voulais pas y aller, moi, mais ils m’ont convaincu.

 

C’est avec cette phrase que commence le périple de notre narrateur et de ses deux amis Georges et Paul. Ensemble, ils se rendent à un mariage en Macédoine. Notre narrateur y va à reculons.  Ayant lui-même pris ses jambes à son coup la veille de son mariage, l’amour il n’y croit plus vraiment !

Arrivés à la fête, ils font la connaissance d’Aaron et de sa si envoutante fiancée Gaïa. Aaron croit tellement en l’amour fusionnel qu’il en étouffe sa compagne qui prendra la fuite avec notre narrateur et Georges jusqu’à Istanbul.

S’en suit un trio amoureux, Gaïa se glissant une nuit dans le lit de l’un et la nuit suivante dans le lit de l’autre. Et ce qui ne devait pas arriver arriva, notre narrateur s’éprend de la belle et rompt l’équilibre précaire de cette relation malsaine. Il ne supporte plus la présence de son vieil ami Georges, rêve en secret d’éliminer son acolyte devenu un dangereux rival pour lui. Dans un moment de faiblesse, il avoue son amour à Gaïa qui prendra la fuite en laissant un mot  à l’intention de Georges derrière elle. Dans ce billet, elle lui demande de prendre le ferry pour la rejoindre. Notre narrateur le suivra discrètement et loin des regards indiscrets, le poussera par-dessus bord afin de se rendre au rendez-vous à sa place. Ce qu’il  y découvrira et à mille lieux de ce qu’il pensait être la vérité.

Qui ne s’est jamais trouvé invité aux noces d’un ami juste après avoir rompu avec sa moitié ? Qui n’a jamais eu envie de prendre ses jambes à son cou quand une relation devenait trop sérieuse à son goût ? Ami-amant, ce ne doit pas être facile de trouver le bon dosage dans ce genre de relation à deux, alors quand elle se décline en trio et que l’un tombe amoureux ! Adrien Gygax a su décrypter les codes de ces relations complexes sans tomber dans le tragico-romantique sirupeux.  A l’antipode, il aurait pu également tomber dans le piège facile de l’écriture trash et vulgaire dans les passages sur fond d’alcool, drogue et sexe, il ne l’a pas fait et c’est fort agréable à lire !

Adrien Gygax – Aux noces de nos petites vertus – Editions cherche midi

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Love stories de Vincent Kappeler

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Pour résumer ce livre, j’ai décidé d’écrire une lettre ouverte à l’auteur :

Cher Vincent,

J’ai adoré votre livre !! Je l’ai savouré, j’ai ris, j’ai aimé les situations cocasses, comme l’arrivée d’Armand à l’hôtel.  Quand j’ai refermé le livre, mon mari était assis à mes côtés sur le canapé et il m’a dit : -A t’entendre rire comme une baleine, il a l’air génial ton livre ça parle de quoi ?
Et là rien, je me suis retrouvée incapable de résumé votre livre !
-Ca parle de….Ca parle de…

Donc, Je l’ai relu une deuxième fois, j’ai adoré votre folie, votre rythme rapide dans l’écriture, les chapitres percutant comme celui de « Miséricorde» . Je referme mon livre pour la deuxième fois et …impossible d’en parler… la page blanche !
Je me sens terriblement frustrée, car je l’ai même offert à un ami pour son anniversaire !

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J’ai même confié mon problème à votre éditrice au salon du livre romand de Fribourg, en lui disant que votre livre est un petit bijou et qu’il était digne d’un scénario des frères Cohen . Mais, que malheureusement, je n’arrive pas à en parler, car je me retrouve incapable de le résumé !!

Votre livre m’a fait revivre l’école secondaire et la lecture de la cantatrice chauve. Un livre que l’on adore et que l’on n’arrive pas à raconter.

Je vous souhaites sincèrement de devenir aussi reconnue que Ionesco et de torturer pleins de lycéens avec votre loves stories .

Amicalement,

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Vincent Kappeler- Love Stories – Editions l’Âge d’Homme

Le salon du livre romand à Fribourg

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Les personnes qui me suivent sur Instagram connaissent mon intérêt pour la littérature suisse. Samedi après-midi, je me suis rendue au Salon du livre romand à Fribourg.

Un salon intimiste, (en comparaison de son grand frère genevois) où la plupart des acteurs de la scène littéraire de la partie francophone de mon pays était présent.

De superbes rencontres !!  Celle D’Andonia Dimitrijevic, qui a repris les rênes de la maison d’éditions fondée par son père, la renommée « l’Âge d’homme » qu’elle dirige avec une passion et qui m’a offert « La lune assassinée » de Damien Murith.

Celle d’André Gygax et de son voisin de signature Eric Bulliard avec qui j’ai parlé de mon intérêt pour la littérature suisse, hélas si méconnue !

Enfin, celle de Marie-Christine Buffat signant son livre « Le nombre de fois où je suis morte » aux éditions Xénia, un ouvrage que je me réjouis de découvrir.

La pétillante Fred Bocquet qui m’a présenté la maison d’éditions cousu mouche, un collectif d’auteurs et passionnés qui ne touchent pas un sou sur la vente d’un livre car chaque franc est réinvesti pour l’impression du prochain livre.

J’ai eu la chance d’assister à la lecture de la charmante Mélanie Chappuis qui nous a déclamé des textes de son livre « Ô vous, sœurs humaines »

J’ai pu entendre par de jeunes auteurs dont Mathieu Corpataux, Bastien Roubaty, Myriam Wahli, Céline Zufferey et Jon Monnard parler de leurs parcours respectifs. Les entendre parler de leurs difficultés et du peu d’espoirs de vivre pleinement de leur travail.

Merci à tous, pour ces moments de partage et les mots d’encouragements prodigués à mon travail.  C’est pour tout cela que j’ai créé la Femme aux livres et fais découvrir à qui le veut bien ces artisans de la culture de mon pays.

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Chimamanda Ngozi Adichie – Nous sommes tous des féministes

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«Tu crois à l’égalité pleine et entière entre les hommes et les femmes ou tu n’y crois pas. » Pas de demi-mesure, pas de « féminisme light » pour l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, qui avait déjà proclamé « we should all be feminist » (traduit avec optimisme par Nous sommes tous des féministes chez Gallimard)  dans un manifeste paru il y a deux ans. Avec Chère Ijeawele, elle joue le pragmatisme : cette lettre remaniée en court livre répond à la sollicitation d’une amie qui lui demandait comment donner une éducation féministe à sa petite fille. L’auteur de Americanah, forte de ses expériences de babysitter, de tante, et surtout d’une réflexion mûrie sur le thème, de notes en conférences, s’est sentie prête à lui écrire « une lettre qu’elle souhaitait sincère et pragmatique », confie-t-elle dans la préface. Où, en passant, elle annonce être devenue elle-même la mère d’une « délicieuse petite fille ».

En quinze suggestions, l’écrivaine invite chacune, dès le berceau, à saisir la chance d’être une femme. Et à la cultiver. Si elle s’adresse à une compatriote, on sent que l’auteure tient compte de la culture igbo, d’où elle est issue, sans pour autant s’y enfermer.

1. Sur la maternité

Sois une personne à part entière, écrit-elle, en ne te définissant jamais uniquement comme une mère. Parce que non, la maternité n’exclut pas le travail, et vice-versa. Ne l’oublie pas. Au passage, n’oublie pas non plus de prendre du temps pour toi.

2. Sur la paternité

Si materner est un verbe, paterner l’est tout autant. Qu’on se le dise.

3. Sur les rôles traditionnels

Gare aux expressions lourdes de sens comme « parce que tu es une fille », dit-elle. Apprends à ton enfant à être autosuffisante, débrouillarde, autonome. « Achète-lui des blocs et des trains. Et des poupées, si tu y tiens. »

4. Sur le féminisme « lite »

Rejette l’idée d’être féministe à temps partiel, selon certaines conditions. On est pour l’égalité ou pas.

5. Sur les livres

Fais lire ta fille. Pas seulement des livres scolaires. Des livres pour comprendre et refaire le monde. Des biographies, des romans, des livres d’histoire, aussi.

6. Sur les mots

Apprends à ta fille à s’interroger sur la langue, souvent pleine de préjugés, croyances et stéréotypes. Une amie refuse d’appeler sa fille sa « princesse », parce que l’expression est trop chargée symboliquement. Elle préfère : mon ange ou mon étoile.

7. Sur le mariage

Ne présente plus le mariage comme un but à atteindre. On n’élève pas un garçon en rêvant à son mariage. Alors pourquoi une fille ?

8. Sur l’amabilité

N’élève pas ta fille en lui disant qu’elle doit être aimée ou aimable, mais plutôt honnête, franche et fidèle à elle-même. Éduque-la à être bonne et brave, et surtout à dire tout haut ce qu’elle pense. Même si ça dérange.

9. Sur son identité

Raconte-lui son histoire, son passé, ses ancêtres, pour qu’elle soit fière de qui elle est et d’où elle vient.

10. Sur l’apparence

Parle-lui-en volontairement. Si elle aime se maquiller, qu’elle se maquille. La mode ? Qu’elle s’habille. Élever une féministe, ce n’est pas rejeter sa féminité. N’associe jamais apparence et moralité, mais pense toujours à lui présenter des modèles variés, pluriels et alternatifs.

11. Sur la biologie

Enseigne-lui à remettre en question les explications soi-disant « biologiques » pour expliquer les normes sociales. On justifie trop souvent les privilèges accordés aux hommes en prétextant leur supériorité physique.

12. Sur la sexualité

Aborde la question tôt. Dis-lui que son corps lui appartient. Qu’elle ne devrait jamais consentir à quelque chose qui ne lui convient pas. N’associe jamais sexualité et honte, ni nudité ou biologie féminine et honte. À ce sujet : pourquoi les femmes ont-elles encore honte de leurs menstruations ?

13. Sur l’amour

Tiens-toi au courant de ses amours. Donne-lui les mots pour en parler. Enseigne-lui qu’en amour on donne, mais qu’on doit recevoir, aussi.

14. Sur l’oppression

Ne fais pas des femmes victimes d’oppression des saintes. Les femmes ne sont pas moralement supérieures aux hommes. Il y a des femmes misogynes, et il y a aussi des hommes qui ne le sont pas.

15. Sur la différence

Parle-lui-en. Montre-lui que la différence est normale. Ordinaire. Qu’elle fait partie du monde. C’est une leçon qui lui servira pour la vie.

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Chimamanda Ngozi Adichie – Nous sommes tous des féministes – Éditions Gallimard

Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique de Jon Monnard

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Coska est un jeune homme discret préférant la compagnie des livres à celle des jeunes de son âge. Étudiant dans une école d’art, il ne se sent pas vraiment à sa place dans cet endroit où l’on essaye de formater les futurs artistes afin de les ranger dans des cases.  Alors, Il décide de claquer la porte des études afin de devenir auteur et ceci malgré les conseils avisés de son professeur qui a su voir son potentiel et qui croit en lui.

Un jour, Julia, une ado qui découpe des photos de magazines de mode qu’elle colle aux murs de sa chambre de façon frénétique, lui parle d’un concours littéraire organisé par une célèbre marque de vêtements.

Gagnant du concours, il se retrouve propulser dans un monde de paillettes et de poudre de perlimpinpin. S’ensuit au fil des pages des amitiés superficielles, des soirées arrosées à coup de gin tonic, jusqu’au moment de la chute de son piédestal. Car n’oublions pas que dans la mode, ce qui est tendance aujourd’hui a de grande chance de tomber aux oubliettes demain. Une dégringolade qui s’avisera être une renaissance salvatrice à Coska et qui lui permettra de vivre sa vie plus sereinement.

En lisant ce livre, je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle avec la téléréalité. Combien de jeunes, non pas dépourvu d’un certain talent, ont été jeté comme de vulgaires kleenex juste après usage ? Que sont devenus les recalés des Star Academy et compagnie, ces jeunes gens pas préparés à autant de médiatisation et laissés sur le carreau sans accompagnement psychologique ? Combien d’entre eux n’ont pas supporté de redevenir des inconnus ont sombré dans l’alcool ou la drogue , sans parler des tentatives de suicide?
Un premier roman écrit avec la fougue d’un jeune auteur prometteur.

Jon Monnard – Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique – Editions l’Âge d’Homme

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Ô vous, soeurs humaines – Mélanie Chappuis

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Rivalités, solidarités, dualités, complicités, fidélités et vanités. Les rapports entre femmes sont parfois complexes.
La mère vieillissante qui envie la beauté de sa fille devenue une femme. (Rivalité)
La femme qui prend soin de la migrante épuisée par son long voyage.(Solidarité)
La mère qui est jalouse de la place que prend sa fille dans le coeur de son mari. (Dualité)
La femme sous sa burka et celle en mini-jupe qui ne sont pas si différentes. (Complicité)
Les soeurs que tout oppose et qui reste en contact. (Fidélité)
Les deux mamans qui obligent deux fillettes à être amies pour la vie. (Vanité)

Mélanie Chappuis a su rendre avec tellement de délicatesse et justesse ces moments, parfois tendus mais souvent remplis de tendresse et d’amour entre femme.
Ce livre parle simplement de la vraie vie, car nous avons toutes été un jour ou l’autre confrontées à ses sentiments avec une autre femme, qu’elle soit notre mère, notre soeur, notre collègue, notre amie ou simplement une inconnue croisée dans la rue.
Un livre que je conseille de lire à toutes les femmes….et même à tous les hommes!!

Mélanie Chappuis -Ô vous soeurs humaines – Editions Slatkine & Cie

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Les écrivains suisses et moi

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Depuis mon entrée dans l’aventure du prix des lecteurs de la ville de Lausanne, je tombe amoureuse souvent. D’hommes et même de femmes. Je parle des écrivains suisses dont je dois lire les ouvrages. J’ai envie de crier très fort mon amour et de le rendre public, de le partager avec vous, mais ma fonction de juré exige de moi de ne rien laisser paraître. Cette aventure m’a donnée envie de faire la connaissance d’autres écrivains de mon pays et je tombe souvent amoureuse. Comme je ne suis pas jalouse, (enfin si un peu quand même, juste ce qu’il faut) je vais partager mes coups de foudre avec vous sur ce site que je veux plus axé sur les écrivains de mon pays. Et comme je ne m’appelle pas la femme aux livres pour rien, on parlera ensemble dans une rubrique d’ouvrages féministes.

Légère et courte-vêtue d’Antoine Jaquier

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Pour écrire ce post, je me suis rendue au café des Artisans et je me suis assise à la table vers le mur, celle avec une super vue sur le comptoir et à sa gauche l’entrée de la cuisine. Il est 9h30, on entend les cuisiniers s’apprêter pour préparer leur mise en place du service de midi. La clientèle est bobo et familiale, une femme trentenaire à la magnifique chevelure grise parle de théâtre avec une amie, tandis qu’une jeune maman amuse avec un paquet de sucre en poudre son bébé qui rit aux éclats. La musique indienne en bruit de fond est calme et inspirante. J’aime cet endroit que je connaissais déjà bien avant de lire le roman d’Antoine Jaquier.

Ici, on est au cœur de l’histoire ! Je m’attends presque à voir Thomas entrer et se faufiler discrètement par la porte de la cuisine pour aller jouer une partie de poker au sous-sol. Sauf que la salle de jeu clandestine tenue par la mafia serbe n’existe pas ! (Amaya, l’adorable patronne fan D’Elvis et de Doherty existe bien, mais ce matin elle n’est pas là !)

Mais revenons au roman, les deux personnages principaux:
Mélodie, la petite vingtaine, une fille assez belle pour avoir participé à un concours de beauté un peu bidon de la région, travaille dans une boutique de prêt-à-porter.
Thomas, son copain est un peu plus âgé et se destine à un avenir de photographe. Ensemble ils créent le « fashionblog » de Mélodie qui deviendra connue sur la toile.

Cela aurait pût devenir un roman pour midinette, mais prenez un shaker mettez le sujet dedans, ajoutez une pointe de Philippe Djian ainsi qu’un zeste de Virginie Despentes, secouez et vous obtenez Légère et courte vêtue !
Le jeune photographe ne deviendra pas le prochain David Lachapelle, Thomas est un paumé accro aux jeux et se trouvera rapidement dans les ennuis jusqu’au cou. Mélodie, malgré une superbe promotion à son travail et sa réputation grandissante sur le web, reste une personne fragile qui a peu confiance en elle et qui a besoin qu’on l’aime. Ce qui lui donne une grande tendance à confondre sexe et sentiment. Un soir lors d’une partie de poker, Thomas déjà lourdement endetté mise l’argent qu’il n’a pas sur le tapis. Il a un carré d’as dans la main et pense que rien ne pourra l’arrêter. Mais l’impensable arrive et comme il ne peut pas effacer sa dette, son adversaire lui propose un arrangement qui risque de ne pas plaire à Mélodie…

Un roman à lire absolument ! L’écriture d’Antoine Jaquier peut paraître un peu crue. Moi personnellement cela ne me dérange pas, et dans ce genre de roman, elle s’avère efficace. J’aime le regard professionnel et critique de l’assistant social qu’est Antoine Jaquier sur cette génération dite “Y“. De plus, la lausannoise d’adoption que je suis est ravie de voir cette histoire se dérouler dans des endroits que je connais.

Légère et court-vêtue d’Antoine Jaquier aux éditions de la grande ourse (sortie prévue au format poche au mois de mars)

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