Aux noces de nos petites vertus de Adrien Gygax

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Je ne voulais pas y aller, moi, mais ils m’ont convaincu.

 

C’est avec cette phrase que commence le périple de notre narrateur et de ses deux amis Georges et Paul. Ensemble, ils se rendent à un mariage en Macédoine. Notre narrateur y va à reculons.  Ayant lui-même pris ses jambes à son coup la veille de son mariage, l’amour il n’y croit plus vraiment !

Arrivés à la fête, ils font la connaissance d’Aaron et de sa si envoutante fiancée Gaïa. Aaron croit tellement en l’amour fusionnel qu’il en étouffe sa compagne qui prendra la fuite avec notre narrateur et Georges jusqu’à Istanbul.

S’en suit un trio amoureux, Gaïa se glissant une nuit dans le lit de l’un et la nuit suivante dans le lit de l’autre. Et ce qui ne devait pas arriver arriva, notre narrateur s’éprend de la belle et rompt l’équilibre précaire de cette relation malsaine. Il ne supporte plus la présence de son vieil ami Georges, rêve en secret d’éliminer son acolyte devenu un dangereux rival pour lui. Dans un moment de faiblesse, il avoue son amour à Gaïa qui prendra la fuite en laissant un mot  à l’intention de Georges derrière elle. Dans ce billet, elle lui demande de prendre le ferry pour la rejoindre. Notre narrateur le suivra discrètement et loin des regards indiscrets, le poussera par-dessus bord afin de se rendre au rendez-vous à sa place. Ce qu’il  y découvrira et à mille lieux de ce qu’il pensait être la vérité.

Qui ne s’est jamais trouvé invité aux noces d’un ami juste après avoir rompu avec sa moitié ? Qui n’a jamais eu envie de prendre ses jambes à son cou quand une relation devenait trop sérieuse à son goût ? Ami-amant, ce ne doit pas être facile de trouver le bon dosage dans ce genre de relation à deux, alors quand elle se décline en trio et que l’un tombe amoureux ! Adrien Gygax a su décrypter les codes de ces relations complexes sans tomber dans le tragico-romantique sirupeux.  A l’antipode, il aurait pu également tomber dans le piège facile de l’écriture trash et vulgaire dans les passages sur fond d’alcool, drogue et sexe, il ne l’a pas fait et c’est fort agréable à lire !

Adrien Gygax – Aux noces de nos petites vertus – Editions cherche midi

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Love stories de Vincent Kappeler

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Pour résumer ce livre, j’ai décidé d’écrire une lettre ouverte à l’auteur :

Cher Vincent,

J’ai adoré votre livre !! Je l’ai savouré, j’ai ris, j’ai aimé les situations cocasses, comme l’arrivée d’Armand à l’hôtel.  Quand j’ai refermé le livre, mon mari était assis à mes côtés sur le canapé et il m’a dit : -A t’entendre rire comme une baleine, il a l’air génial ton livre ça parle de quoi ?
Et là rien, je me suis retrouvée incapable de résumé votre livre !
-Ca parle de….Ca parle de…

Donc, Je l’ai relu une deuxième fois, j’ai adoré votre folie, votre rythme rapide dans l’écriture, les chapitres percutant comme celui de « Miséricorde» . Je referme mon livre pour la deuxième fois et …impossible d’en parler… la page blanche !
Je me sens terriblement frustrée, car je l’ai même offert à un ami pour son anniversaire !

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J’ai même confié mon problème à votre éditrice au salon du livre romand de Fribourg, en lui disant que votre livre est un petit bijou et qu’il était digne d’un scénario des frères Cohen . Mais, que malheureusement, je n’arrive pas à en parler, car je me retrouve incapable de le résumé !!

Votre livre m’a fait revivre l’école secondaire et la lecture de la cantatrice chauve. Un livre que l’on adore et que l’on n’arrive pas à raconter.

Je vous souhaites sincèrement de devenir aussi reconnue que Ionesco et de torturer pleins de lycéens avec votre loves stories .

Amicalement,

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Vincent Kappeler- Love Stories – Editions l’Âge d’Homme

Le salon du livre romand à Fribourg

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Les personnes qui me suivent sur Instagram connaissent mon intérêt pour la littérature suisse. Samedi après-midi, je me suis rendue au Salon du livre romand à Fribourg.

Un salon intimiste, (en comparaison de son grand frère genevois) où la plupart des acteurs de la scène littéraire de la partie francophone de mon pays était présent.

De superbes rencontres !!  Celle D’Andonia Dimitrijevic, qui a repris les rênes de la maison d’éditions fondée par son père, la renommée « l’Âge d’homme » qu’elle dirige avec une passion et qui m’a offert « La lune assassinée » de Damien Murith.

Celle d’André Gygax et de son voisin de signature Eric Bulliard avec qui j’ai parlé de mon intérêt pour la littérature suisse, hélas si méconnue !

Enfin, celle de Marie-Christine Buffat signant son livre « Le nombre de fois où je suis morte » aux éditions Xénia, un ouvrage que je me réjouis de découvrir.

La pétillante Fred Bocquet qui m’a présenté la maison d’éditions cousu mouche, un collectif d’auteurs et passionnés qui ne touchent pas un sou sur la vente d’un livre car chaque franc est réinvesti pour l’impression du prochain livre.

J’ai eu la chance d’assister à la lecture de la charmante Mélanie Chappuis qui nous a déclamé des textes de son livre « Ô vous, sœurs humaines »

J’ai pu entendre par de jeunes auteurs dont Mathieu Corpataux, Bastien Roubaty, Myriam Wahli, Céline Zufferey et Jon Monnard parler de leurs parcours respectifs. Les entendre parler de leurs difficultés et du peu d’espoirs de vivre pleinement de leur travail.

Merci à tous, pour ces moments de partage et les mots d’encouragements prodigués à mon travail.  C’est pour tout cela que j’ai créé la Femme aux livres et fais découvrir à qui le veut bien ces artisans de la culture de mon pays.

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Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique de Jon Monnard

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Coska est un jeune homme discret préférant la compagnie des livres à celle des jeunes de son âge. Étudiant dans une école d’art, il ne se sent pas vraiment à sa place dans cet endroit où l’on essaye de formater les futurs artistes afin de les ranger dans des cases.  Alors, Il décide de claquer la porte des études afin de devenir auteur et ceci malgré les conseils avisés de son professeur qui a su voir son potentiel et qui croit en lui.

Un jour, Julia, une ado qui découpe des photos de magazines de mode qu’elle colle aux murs de sa chambre de façon frénétique, lui parle d’un concours littéraire organisé par une célèbre marque de vêtements.

Gagnant du concours, il se retrouve propulser dans un monde de paillettes et de poudre de perlimpinpin. S’ensuit au fil des pages des amitiés superficielles, des soirées arrosées à coup de gin tonic, jusqu’au moment de la chute de son piédestal. Car n’oublions pas que dans la mode, ce qui est tendance aujourd’hui a de grande chance de tomber aux oubliettes demain. Une dégringolade qui s’avisera être une renaissance salvatrice à Coska et qui lui permettra de vivre sa vie plus sereinement.

En lisant ce livre, je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle avec la téléréalité. Combien de jeunes, non pas dépourvu d’un certain talent, ont été jeté comme de vulgaires kleenex juste après usage ? Que sont devenus les recalés des Star Academy et compagnie, ces jeunes gens pas préparés à autant de médiatisation et laissés sur le carreau sans accompagnement psychologique ? Combien d’entre eux n’ont pas supporté de redevenir des inconnus ont sombré dans l’alcool ou la drogue , sans parler des tentatives de suicide?
Un premier roman écrit avec la fougue d’un jeune auteur prometteur.

Jon Monnard – Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique – Editions l’Âge d’Homme

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Les écrivains suisses et moi

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Depuis mon entrée dans l’aventure du prix des lecteurs de la ville de Lausanne, je tombe amoureuse souvent. D’hommes et même de femmes. Je parle des écrivains suisses dont je dois lire les ouvrages. J’ai envie de crier très fort mon amour et de le rendre public, de le partager avec vous, mais ma fonction de juré exige de moi de ne rien laisser paraître. Cette aventure m’a donnée envie de faire la connaissance d’autres écrivains de mon pays et je tombe souvent amoureuse. Comme je ne suis pas jalouse, (enfin si un peu quand même, juste ce qu’il faut) je vais partager mes coups de foudre avec vous sur ce site que je veux plus axé sur les écrivains de mon pays. Et comme je ne m’appelle pas la femme aux livres pour rien, on parlera ensemble dans une rubrique d’ouvrages féministes.

Légère et courte-vêtue d’Antoine Jaquier

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Pour écrire ce post, je me suis rendue au café des Artisans et je me suis assise à la table vers le mur, celle avec une super vue sur le comptoir et à sa gauche l’entrée de la cuisine. Il est 9h30, on entend les cuisiniers s’apprêter pour préparer leur mise en place du service de midi. La clientèle est bobo et familiale, une femme trentenaire à la magnifique chevelure grise parle de théâtre avec une amie, tandis qu’une jeune maman amuse avec un paquet de sucre en poudre son bébé qui rit aux éclats. La musique indienne en bruit de fond est calme et inspirante. J’aime cet endroit que je connaissais déjà bien avant de lire le roman d’Antoine Jaquier.

Ici, on est au cœur de l’histoire ! Je m’attends presque à voir Thomas entrer et se faufiler discrètement par la porte de la cuisine pour aller jouer une partie de poker au sous-sol. Sauf que la salle de jeu clandestine tenue par la mafia serbe n’existe pas ! (Amaya, l’adorable patronne fan D’Elvis et de Doherty existe bien, mais ce matin elle n’est pas là !)

Mais revenons au roman, les deux personnages principaux:
Mélodie, la petite vingtaine, une fille assez belle pour avoir participé à un concours de beauté un peu bidon de la région, travaille dans une boutique de prêt-à-porter.
Thomas, son copain est un peu plus âgé et se destine à un avenir de photographe. Ensemble ils créent le « fashionblog » de Mélodie qui deviendra connue sur la toile.

Cela aurait pût devenir un roman pour midinette, mais prenez un shaker mettez le sujet dedans, ajoutez une pointe de Philippe Djian ainsi qu’un zeste de Virginie Despentes, secouez et vous obtenez Légère et courte vêtue !
Le jeune photographe ne deviendra pas le prochain David Lachapelle, Thomas est un paumé accro aux jeux et se trouvera rapidement dans les ennuis jusqu’au cou. Mélodie, malgré une superbe promotion à son travail et sa réputation grandissante sur le web, reste une personne fragile qui a peu confiance en elle et qui a besoin qu’on l’aime. Ce qui lui donne une grande tendance à confondre sexe et sentiment. Un soir lors d’une partie de poker, Thomas déjà lourdement endetté mise l’argent qu’il n’a pas sur le tapis. Il a un carré d’as dans la main et pense que rien ne pourra l’arrêter. Mais l’impensable arrive et comme il ne peut pas effacer sa dette, son adversaire lui propose un arrangement qui risque de ne pas plaire à Mélodie…

Un roman à lire absolument ! L’écriture d’Antoine Jaquier peut paraître un peu crue. Moi personnellement cela ne me dérange pas, et dans ce genre de roman, elle s’avère efficace. J’aime le regard professionnel et critique de l’assistant social qu’est Antoine Jaquier sur cette génération dite “Y“. De plus, la lausannoise d’adoption que je suis est ravie de voir cette histoire se dérouler dans des endroits que je connais.

Légère et court-vêtue d’Antoine Jaquier aux éditions de la grande ourse (sortie prévue au format poche au mois de mars)

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Mathias Malzieu-Journal d’un vampire en pyjama

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Le résumé…

« Ce livre est le vaisseau spécial que j’ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d’amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n’ai rien eu à inventer. Si ce n’est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon cœur. »

Il arrive que la réalité de la vie d’un artiste dépasse la fiction qu’il a lui-même imaginée. Dans « Jack et la mécanique du cœur », le héros se fait greffer une horloge à coucou à la place du cœur. Le film est sorti le 5 février 2014. Le lendemain, Mathias Malzieu était hospitalisé pour soigner une aplasie médullaire, une maladie rare du sang qui l’a obligé à être plusieurs fois transfusé, et même à subir une greffe de moëlle osseuse. De cette expérience éprouvante, de ce combat pour le retour à la vie, il en a tiré, un livre et un album émouvants, drôles, poétiques, avec son groupe de rock, Dionysos.

Mon avis…

Loin d’être le journal d’un malade, c’est le journal de la vie, d’une vie qui redémarre, d’une renaissance. Comme Mathias Malzieu, j’aimerais sur-vivre, vivre encore plus que d’habitude, vivre réellement, pleinement… Tout cela pourrait sembler extrême pour ceux qui n’ont pas lu ces pages, mais le Journal d’un vampire en pyjama n’est pas un roman, c’est un échantillon de vie pétillante et sucrée, qui se révèle à travers l’atmosphère aseptisée de l’hôpital, de la salle d’attente de la mort… L’humour est omniprésent, tout comme l’espoir, la passion, la dérision, l’envie de vivre à tout prix, de profiter de chaque instant qu’il nous reste… Le Journal d’un vampire en pyjama de Mathias Malzieu est une greffe de bonheur, d’espoir, une greffe de poésie qui prend au fil des pages.

J’ai une préférence pour  la version poche, qui est suivi de Carnet de board . Mathias Malzieu, s’était promis durant sa maladie  que s’il guérissait il irait en Islande avec son skate. Carnet de board et le récit de ce fabuleux rêve réalisé en août 2016.

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