Nora de Louise Anne Bouchard

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Le héros Jackson Clark, la quarantaine, est un ancien flic de la brigade des stups démis de ses fonctions à la suite de l’overdose de sa femme. Il marche d’un pas alerte le long de la Reuss à Lucerne, car il va être en retard à son rendez-vous avec un ami Paul Mutter. Tout en marchant il songe à quitter cette ville et  s’envoler vers son pays d’origine, les USA, afin de refaire sa vie.

Mais Paul, qui a l’art de se fourrer dans de sales draps, a  un rendez-vous le soir-même sur les hauteurs du Rigi , une affaire sans danger et qui va lui rapporter beaucoup d’argent.  Jackson décide de l’accompagner. Une fois arrivé sur place, rien ne se passe comme prévu, des coups de feu sont tirés, Paul se fait tuer et Jackson blessé s’évanouit.

A son réveil, il se retrouve dans l’appartement d’Helen Weber, jeune journaliste stagiaire à la recherche du dernier scoop et qui maîtrise l’art du déguisement à la perfection. Ensemble, ils décident d’enquêter sur la mort de Paul et de trouver le coupable.

L’enquête mettra sur leur chemin des personnes plus bigarrées les unes que les autres. Parmi eux, le couple fortuné Sarah et Max von Pfyffer. Contrainte par sa famille dans sa jeunesse d’épouser Max afin de sauver la fortune de leur famille respective, Sarah doit atteindre vingt ans de mariage avant de pouvoir divorcer et toucher une  importante somme d’argent en guise de compensation de ses belles années perdues. Et s’il n’y a pas de descendance, c’est le pactole.

On apprendra au fil de la lecture que Max von Pfyffer a eu une fille Nora qui fut le fruit d’une liaison avant son mariage, qu’il l’a faite adoptée et qu’elle est morte avec son père adoptif dans un accident de voiture à l’âge de dix ans… Mais en est-on vraiment certain ?

Dans les années nonante, (après la fermeture du Platzspitz park et du Letten à Zurich) Lucerne ne ressemblait pas à la ville que nous connaissons actuellement, les bords de la Reuss accueillaient les dealers et leurs clients issues de toutes les couches sociales. C’est cette ambiance glauque qu’a choisi Louise Anne Bouchard comme trame de fond pour son roman noir “Nora“. Photographe de formation, elle maîtrise l’art du portrait et cela se ressent dans sa description des personnages. Un roman noir à lire en apnée tant le suspense est prenant.

Louise Anne Bouchard – Nora – Éditions Slatkine

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Le cri du Diable de Damien Murith

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Le prix des lecteurs de la ville de Lausanne étant derrière nous. Je peux enfin partager avec vous mes ressentis de ces six livres si différents les uns des autres!

Je commence par celui que j’ai eu l’honneur de représenter devant le  public le livre de Damien Murith, et pour tous ceux qui n’était pas à la cérémonie, voici mon discours de présentation:

Il y a des livres que l’on lit avec le cœur, d’autres de façon plus cérébrale et il y a ceux que l’on lit de manière plus viscérale, tant la puissance des mots couchés sur le papier pénètre au plus profond de notre chair.   De façon presque Schizophrénique, je suis devenue Camille…
Lorsque dieu a rappelé à lui mon tendre amour après une longue et douloureuse agonie, j’ai poussé mon cri du Diable et je l’ai maudit en le traitant de Sale Dieu.

J’ai couru à en perdre haleine quand deux hommes m’ont poursuivi parce que dans un geste de légitime défense, j’ai tué à coup de fourche leur frère qui avait abusé de moi !

Alors, moi Camille fille de la campagne, je me suis cachée dans cette ville monstre, gueule hurlante, ville vampire qui saigne et suce …je me suis fondue dans la masse, afin de rester en vie.

J’ai serré des dents pour supporter les hommes sales, avinés se comportant comme des porcs à qui je sers des verres à la tombée de la nuit, dans ce troquet malfamé ! Et puis Jonas a passé la porte de ce sordide endroit et mon sombre quotidien s’est illuminé !

Ma peau, mes seins, ma chevelure s’étalent sur ses toiles dans son atelier. Je suis  sa muse. Emportée dans ma vie de Bohème, j’en ai oublié le reste…Je suis amoureuse.

Dans l’atelier soudain, un portrait de femme au regard de panthère, la bouche fermée aux lèvres gorgées de pulpe fraîche, la peau brune comme la terre quand juillet la mouille. Jonas en peint une autre que moi !

Ma jalousie dévastatrice me rend folle, j’hurle, j’exige des explications, je poignarde le tableau de cette catin qui me vole mon amour.

Et un matin, lorsque Jonas me prie de partir, dans un excès de folie, de rage et de désespoir… comme possédée, je lui ôte la vie. Si cet homme n’est plus à moi, il ne sera à personne.

Quand j’ai refermé ce livre, je me suis retrouvée moi Esther, complètement abasourdit par cet ouvrage de 119 pages seulement dont certaines sont à peines noircies par l’encre. Ce si petit roman dont l’écriture sombre si poétique et musicale est d’une telle puissance !

Je n’ai qu’une chose à vous dire monsieur Damien Murith…..J’en veux encore !!!

Damien Murith – Le cri du diable – Editions de l’Âge d’homme

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