Le nombre de fois où je suis morte de Marie-Christine (Buffat) Horn

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Morte de L’enfant

Morte de faim
Morte de honte
Morte d’ennui
Morte d’impatience
Morte de jalousie
Morte de culpabilité
Morte de chaud
Morte d’angoisse
Morte de chagrin
Morte de froid
Morte de peur
Morte de rire

 

Et si, pour une fois, l’on prenait les expressions toutes faites au pied de la lettre? Si les émotions trop vives nous faisaient réellement mourir?

De la mort de l’enfant (la défloraison vécue dans la douleur) au seuil du trépas final, Marie-Christine Buffat (dorénavant Horn) nous emmène dans les méandres de la pensée féminine. Elle nous fait voyager à travers ces nouvelles sur une gamme d’émotions qui va du rire aux larmes aux yeux, en nous décrivant toutes ces petites morts du quotidien qui sont autant de petites défaites, de petites victoires, dans la vie d’une femme.

Dans « morte d’impatience », il est question de moment de séduction entre un homme et femme. Cet instant fragile d’une rencontre où on aimerait lui faire comprendre que l’on ressent une véritable attirance (sexuelle ou non) et que l’on craint de faire le premier pas. Pour la raison stupide que l’on est freinée par notre éducation qui dicte que les femmes qui font cela sont des ….filles faciles ! Et si  nous les femmes avions le courage de briser les codes? Les choses ne seraient-elles pas plus simples et plus claires entre les deux sexes ?

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Ce n’est pas une nouveauté littéraire car il date de 2012, c’est simplement un livre dont le sujet me touche beaucoup et qui est  terriblement d’actualité.  J’avais  une folle envie de partager cette découverte littéraire avec vous.

Marie-Christine Buffat – Le nombre de fois où je suis morte – Editions Xénia

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Chimamanda Ngozi Adichie – Nous sommes tous des féministes

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«Tu crois à l’égalité pleine et entière entre les hommes et les femmes ou tu n’y crois pas. » Pas de demi-mesure, pas de « féminisme light » pour l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, qui avait déjà proclamé « we should all be feminist » (traduit avec optimisme par Nous sommes tous des féministes chez Gallimard)  dans un manifeste paru il y a deux ans. Avec Chère Ijeawele, elle joue le pragmatisme : cette lettre remaniée en court livre répond à la sollicitation d’une amie qui lui demandait comment donner une éducation féministe à sa petite fille. L’auteur de Americanah, forte de ses expériences de babysitter, de tante, et surtout d’une réflexion mûrie sur le thème, de notes en conférences, s’est sentie prête à lui écrire « une lettre qu’elle souhaitait sincère et pragmatique », confie-t-elle dans la préface. Où, en passant, elle annonce être devenue elle-même la mère d’une « délicieuse petite fille ».

En quinze suggestions, l’écrivaine invite chacune, dès le berceau, à saisir la chance d’être une femme. Et à la cultiver. Si elle s’adresse à une compatriote, on sent que l’auteure tient compte de la culture igbo, d’où elle est issue, sans pour autant s’y enfermer.

1. Sur la maternité

Sois une personne à part entière, écrit-elle, en ne te définissant jamais uniquement comme une mère. Parce que non, la maternité n’exclut pas le travail, et vice-versa. Ne l’oublie pas. Au passage, n’oublie pas non plus de prendre du temps pour toi.

2. Sur la paternité

Si materner est un verbe, paterner l’est tout autant. Qu’on se le dise.

3. Sur les rôles traditionnels

Gare aux expressions lourdes de sens comme « parce que tu es une fille », dit-elle. Apprends à ton enfant à être autosuffisante, débrouillarde, autonome. « Achète-lui des blocs et des trains. Et des poupées, si tu y tiens. »

4. Sur le féminisme « lite »

Rejette l’idée d’être féministe à temps partiel, selon certaines conditions. On est pour l’égalité ou pas.

5. Sur les livres

Fais lire ta fille. Pas seulement des livres scolaires. Des livres pour comprendre et refaire le monde. Des biographies, des romans, des livres d’histoire, aussi.

6. Sur les mots

Apprends à ta fille à s’interroger sur la langue, souvent pleine de préjugés, croyances et stéréotypes. Une amie refuse d’appeler sa fille sa « princesse », parce que l’expression est trop chargée symboliquement. Elle préfère : mon ange ou mon étoile.

7. Sur le mariage

Ne présente plus le mariage comme un but à atteindre. On n’élève pas un garçon en rêvant à son mariage. Alors pourquoi une fille ?

8. Sur l’amabilité

N’élève pas ta fille en lui disant qu’elle doit être aimée ou aimable, mais plutôt honnête, franche et fidèle à elle-même. Éduque-la à être bonne et brave, et surtout à dire tout haut ce qu’elle pense. Même si ça dérange.

9. Sur son identité

Raconte-lui son histoire, son passé, ses ancêtres, pour qu’elle soit fière de qui elle est et d’où elle vient.

10. Sur l’apparence

Parle-lui-en volontairement. Si elle aime se maquiller, qu’elle se maquille. La mode ? Qu’elle s’habille. Élever une féministe, ce n’est pas rejeter sa féminité. N’associe jamais apparence et moralité, mais pense toujours à lui présenter des modèles variés, pluriels et alternatifs.

11. Sur la biologie

Enseigne-lui à remettre en question les explications soi-disant « biologiques » pour expliquer les normes sociales. On justifie trop souvent les privilèges accordés aux hommes en prétextant leur supériorité physique.

12. Sur la sexualité

Aborde la question tôt. Dis-lui que son corps lui appartient. Qu’elle ne devrait jamais consentir à quelque chose qui ne lui convient pas. N’associe jamais sexualité et honte, ni nudité ou biologie féminine et honte. À ce sujet : pourquoi les femmes ont-elles encore honte de leurs menstruations ?

13. Sur l’amour

Tiens-toi au courant de ses amours. Donne-lui les mots pour en parler. Enseigne-lui qu’en amour on donne, mais qu’on doit recevoir, aussi.

14. Sur l’oppression

Ne fais pas des femmes victimes d’oppression des saintes. Les femmes ne sont pas moralement supérieures aux hommes. Il y a des femmes misogynes, et il y a aussi des hommes qui ne le sont pas.

15. Sur la différence

Parle-lui-en. Montre-lui que la différence est normale. Ordinaire. Qu’elle fait partie du monde. C’est une leçon qui lui servira pour la vie.

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Chimamanda Ngozi Adichie – Nous sommes tous des féministes – Éditions Gallimard

Ô vous, soeurs humaines – Mélanie Chappuis

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Rivalités, solidarités, dualités, complicités, fidélités et vanités. Les rapports entre femmes sont parfois complexes.
La mère vieillissante qui envie la beauté de sa fille devenue une femme. (Rivalité)
La femme qui prend soin de la migrante épuisée par son long voyage.(Solidarité)
La mère qui est jalouse de la place que prend sa fille dans le coeur de son mari. (Dualité)
La femme sous sa burka et celle en mini-jupe qui ne sont pas si différentes. (Complicité)
Les soeurs que tout oppose et qui reste en contact. (Fidélité)
Les deux mamans qui obligent deux fillettes à être amies pour la vie. (Vanité)

Mélanie Chappuis a su rendre avec tellement de délicatesse et justesse ces moments, parfois tendus mais souvent remplis de tendresse et d’amour entre femme.
Ce livre parle simplement de la vraie vie, car nous avons toutes été un jour ou l’autre confrontées à ses sentiments avec une autre femme, qu’elle soit notre mère, notre soeur, notre collègue, notre amie ou simplement une inconnue croisée dans la rue.
Un livre que je conseille de lire à toutes les femmes….et même à tous les hommes!!

Mélanie Chappuis -Ô vous soeurs humaines – Editions Slatkine & Cie

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